12ME & RAPH – VOCING

Pour le microcosme du rap, 12Mé et Raph passeraient presque pour un OVNI débarqué de nul part. Pour la Musique, ils sont un des duos qui bouscule allègrement les codes de la mouvance actuelle. 12Mé et Raph c’est avant tout une amitié qui devient Musique, et dès la première écoute, ça ne trompe pas. L’alchimie entre 12Mé, MC/producteur et Raph, saxophoniste aux influences jazz, est parfaite. C’est suite à plusieurs collaborations sur différents projets (comme le EP « Le fruits de nos expériences », ainsi que sur l’album de Mash et 12Mé « Parmi tant d’autres ») qu’est né ce binôme improbable, dans un milieu où la configuration initiale se veut d’allier le MC à son DJ. Le projet VOCING est sorti le 23 mai, occasion pour en savoir un peu plus sur le duo avec 12ME …


– Facescachees : Quels étaient vos contacts et vos affinités avec la musique dans votre jeunesse ?

– 12ME : Raph et moi-même avons commencé la musique très jeune. Lui à 4 ans et moi à 8 ans. Pour ma part je faisais de la guitare dans une école de musique. La guitare m’intéressait mais on ne pouvait pas en dire autant du solfège. Raph par contre a tenu le coup, il a fait de la percussion et a entamé le saxophone plus tard pour intégrer le conservatoire de Lyon en 2000… A 13 ans j’avais un groupe avec quelques potes on faisait des reprises de rock… et oui… Et puis vers 15 ans j’ai commencé à écouter presque uniquement du rap avec des compils comme Hostile Hip-Hop, pour arriver à «l’école du micro d’argent» d’IAM qui m’a définitivement mis dans le rap.

– Comment s’est passée votre rencontre ?

On s’est rencontré à la fac on suivait une licence lettres-anglais à Lyon. Au départ on ne se parlait pas puis en début de la seconde année on a commencé à trainer ensemble. On se retrouvait après les cours, on écoutait les albums de Mickael Jackson de la période ou il a travaillé avec Quincy Jones (Thriller, Off the Wall) et on était admiratif et à la fois désireux de faire des albums qui claquent !

A l’époque j’invitais raph à participer aux concerts de mon groupe Hasta Siempre qui était un groupe rap de facture classique (un dj et 4 Mc’s). Il apportait sa touche jazz sur un ou deux morceaux du show et puis un jour est venue l’idée de confronter nos influences et de concevoir une trilogie…

– On voit plutôt une guitare ou un piano comme instrument accompagnateur généralement, comment se passe les compositions avec un instrument atypique comme le saxophone ?

En fait on s’est toujours refusé à faire des morceaux clichés dans lesquels je poserais quelques mesures puis raph poserait à son tour 8 mesures etc.… on voulait avant tout faire de bons morceaux sans se fixer de contrainte plus que ça… du coup je compose les instrus majoritairement dans un premier temps (à part quelques fois ou raph arrive avec une idée de morceaux « clef en main ») puis raph vient et pose les parties de saxophone et ensuite on fait venir d’autres musiciens (pianiste bassiste  guitariste dj trompettiste …). Du coup l’instrument qui accompagne les morceaux c’est plus le piano ou le sample quand il y en a un. Raph et moi-même nous mettons au service des morceaux et pas l’inverse.

– Pourquoi faire une trilogie de « Headfones » ? Est-ce que ce troisième volume est une manière de clôturer quelque chose ? Peut-être un processus de recherche de votre style ou d’adaptation, pour ensuite entamer un album proprement dit …

A vrai dire on peut te donner raison dans chacune de tes propositions ! On est parti sur une trilogie en 2005 pour avoir le temps de développer quelque chose à moyen terme (6 ans tout de même). En ce sens cela nous permettait de donner une couleur à chacun des volets tout en définissant notre style au fil des LP.

Le premier volet était très rap jazzy et le deuxième avait des accents funk et latin et était plus « up tempo ». Pour ce qui est du  troisième  on a travaillé 3 ans dessus au total. A titre personnel c’est l’album que je préfère de tous ceux que j’ai pu sortir. Le titre “Voicing” est du au fait que l’album s’articule sur un travail approfondi autour de l’utilisation de la voix sans pour autant se limiter a un simple exercice de style. On a plus de refrains chantés, un flow plus chantonné, raph pose même des couplets et des refrains a la voix, on a utilisé le beat box et également la basse du morceaux “l’ombre de soi” est chanté par raph et moi même puis mixé avec une basse jouée…

Pour la suite on pense éventuellement sortir un album live d’ici un an et après mystère….

– Comment se déroulent vos concerts ?

Sur scène nous assurons le show a deux a l’exception du concert que l’on a fait a tripoli en Libye l’an dernier pour la fête de la musique ou nous étions accompagnés de musiciens et de deux des concerts que nous faisons pour la sortie de l’album a st Etienne et Lyon. Là nous avons décidé d’inviter les musiciens du groupe de reggae Jah Gaia pour réinterpréter 4 de nos titres. Il y aura également Marlene Momet qui chante sur un titre de l’album, Dj olegg pour un revival old school (il était le dj de hasta siempre mon ancien collectif) et Man’s (encore ex hasta siempre) qui viendra interpréter le titre la folie extrait du premier LP.

– Une tournée en France en en Asie … une affection particulière pour ce continent ?

Pas spécialement l’Asie a vrai dire mais le concert en Libye l’an dernier a été une grosse claque  et ca nous a donné envie de bouger davantage … En Libye j’ai presque été ému aux larmes devant la ferveur des jeunes pour le hip hop ! Les gars faisaient du break dance et n’avaient rien à envier à certains danseurs français ! D’autres apprenaient le français et sont venu poser des Freestyle à la fin du show. C’était magique  alors qu’à la base on avait peur d’aller jouer uniquement devant des ambassadeurs et des expatriés…

Au Cambodge on sera plus accès sur la rencontre. Nous sommes en train d’enregistrer des morceaux avec le label Klap Ya Handz basé à Phnom Penh la capitale avec a la clef un petit clip avec des rappeurs cambodgiens et sur place on prévoit de rencontrer l’association Tiny toons qui apprend le break dance aux gamins des rues.

– Une question un peu difficile ; comment définir votre musique ? Et dans quelle direction avez-vous envie de l’emmener après cet opus ?

Effectivement c’est une question difficile… J’ai toujours dit que l’étiquette hip hop jazz on se l’est donné nous même car il fallait bien définir tout ca  ne serait ce que pour le public puisse s’y retrouver mais nous nous accordons a dire que notre musique va bien plus loin que ca. Il y a de la funk du latin parfois de la bossa… Mon objectif serait qu’après l’écoute de cette trilogie on puisse dire : « ca c’est du 12Mé & Raph » !

Pour la suite l’objectif est de faire vivre cette album un maximum en concert et cela est bien parti pour. Par ailleurs j’ai déjà composé pas mal de nouvelles choses mais je suis à la recherche de nouvelles sonorités…

[youtube http://www.youtube.com/watch?v=No4fjYcDHbA&w=560&h=349]

Retrouvez 12ME & RAPH en concert au Sentier des Halles le 3 juin 2011

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *